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Gilles Clément: "Le Grenelle est un crime"

Par Zineb Dryef | Rue89 | 10/05/2008 | 11H36

Pour le jardinier humaniste, Sarkozy, en fondant son projet sur "le fric" et le "développement infini" a renoncé à tout projet de société.

Le concepteur du parc André Citroën tient son engagement. Choqué par l'"invraisemblable" déclaration de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme et par ses prises de positions en matière d'économie, Gilles Clément a choisi, le 6 mai 2007, de ne plus travailler avec l'Etat. Il avait alors renoncé à retravailler sur le jardin qu'il a réalisé pour le musée du quai Branly. Et avait également annulé sa participation à un chantier en Martinique, à représenter la France à la Foire Internationale de Saragosse et à sa participation à divers colloques:


Gilles Clément prône une écologie humaniste. Influencé par les partisans de la décroissance, notamment par les ouvrages de Serge Latouche, Gilles Clément attend des gouvernements qu'ils imaginent et mettent place une nouvelle économie qui "ni ne brise ni ne détruit les mécaniques de diversités de l'environnement".

Il vit son désengagement comme un acte de résistance. Le mot semble fort. Le paysagiste sourit et précise qu'il ne s'agit pas de résistance à Nicolas Sarkozy mais à un système: "D'un côté, il y a le point de vue transformisme lamarckien; ceux qui pensent qu'on peut améliorer l'homme. Et de l'autre, ceux qui croient au déterminisme. Ils sont très darwiniens, très sarkozystes en somme." Mais pas nouveau... Gilles Clément considère au contraire que Nicolas Sarkozy va plus loin que ses prédécesseurs dans la toute foi en un capitalisme, non plus productiviste mais désormais purement financier:


Militant idéaliste, Gilles Clément a théorisé, à la fin des années 90, l'idée du "Jardin Planétaire". En s'intéressant aux espèces délaissées, il met en lumière la diversité (ignorée et détruite) de la planète. Son Jardin Planétaire consiste à considérer l'écologie en intégrant l'homme jusque dans ses espaces délaissés, tout en préservant l'environnement.

Son concept de "tiers paysage", né de l'observation de l'île de Vassivière à Beaumont-du-Lac (Limousin), associe aussi intimement environnement et politique. Partant du constat que la diversité des espèces se fait inexistante dans les espaces gérés par l'homme, Gilles Clément s'est intéressé aux espaces délaissés, aux friches, aux rebords d'autoroutes. Là où les machines ne peuvent pas aller, des espèces s'installent: "Dans ces fissures, des espèces animales et végétales s'installent. Il nous faut protéger ses zones."

Or, pour Gilles Clément, le Président, en fondant son projet sur "le fric" et le "développement infini" a renoncé à toute utopie et à tout projet de société. Et le Grenelle? "Une pitrerie, un crime", répond le paysagiste. Il estime que le gouvernement prend le prétexte de l'écologie pour servir des intérêts purement financiers, notamment en favorisant les agrocarburants alors même que "la planète est affamée":


A ses prévisions alarmistes -"on va dans le mur"- Gilles Clément propose des solutions. Qui ne sont pas que des coups d'épées dans l'eau. A Nantes, les pouvoirs publics lui ont commandé une étude sur la diversité. A Cagliari, en Sardaigne, le président de la région souhaite déprivatiser une petite colline. Au Maroc, il travaille sur une zone de 700 hectares. En Libye, lui et son équipe planchent sur un immense parc. Divers chantiers pour lesquels le jardinier, comme il aime à se qualifier, applique ses théories.

Gilles Clément ne se sent pas isolé. Même s'il estime que les associations et écologistes qui ont participé au Grenelle se "sont faits gruger", l'auteur du Manifeste du Tiers-paysage, reconnait que l'événement a permis de leur tendre le micro et de faire entendre leurs voix, jusque là inaudibles: "Même si les choses sont compliquées, il y a des façons concrètes de repenser l'économie et l'écologie." Il cite pêle-mêle le penseur Pierre Rabhi et son agroécologie, les expériences de micro-crédit ou la désobéissance civile.

Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologue, penseur, écrivain. Gilles Clément a de multiples casquettes. Il est également professeur à l'Ecole supérieure du paysage de Versailles. Par envie de transmettre que le monde est un jardin. Et qu'il faut y mettre autant d'utopie que d'esthétique.

Avec Audrey Cerdan

publié dans : Revue de presse communauté : Développement Durable par Anakyne
Samedi 10 mai 2008

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publié dans : VIdéos communauté : Fourre-tout * inclassable par Anakyne
Samedi 10 mai 2008

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Citigroup, le géant bancaire face à de nouvelles difficultés 

Keren Lentschner le Figaro
09/05/2008 | Mise à jour : 21:41 | .

Le PDG de la banque, Vikram Pandit, a annoncé hier une cure d'amaigrissement sans précédent.

Citigroup veut tourner la page du subprime. Hier, son PDG, Vikram Pandit, a présenté à New York, devant les analystes et investisseurs américains, un plan d'urgence pour la première banque américaine. C'était un véritable grand oral pour celui qui a succédé en décembre à Charles Prince, débarqué suite aux déboires de Citi.

Avec 15 milliards de dollars de pertes (9,7 milliards d'euros) et 35 milliards de dollars de dépréciations d'actifs (22,7 milliards d'euros) au cours des six derniers mois, Citigroup est la banque américaine la plus sévèrement touchée par la crise financière. L'action de la banque, née en 1998 du rapprochement entre Citicorp et Travelers, a chuté de 55 % en un an. Accusé de ne pas aller assez vite, Vikram Pandit, qui a grandi à Bombay, a lancé hier un véritable « nettoyage de printemps », selon les termes de la presse américaine. Citigroup, qui emploie 370 000 salariés dans plus de cent pays, cédera pour 500 milliards de dollars d'actifs jugés non stratégiques et insuffisamment rentables. Dès les deux ou trois prochaines années plus de 400 milliards de dollars (258 milliards d'euros) d'actifs seront vendus. Soit près de 20 % de son bilan...

La banque qui ne dort jamais

L'autre objectif de cet ancien universitaire, un temps pressenti pour prendre les rênes de Morgan Stanley, est de réduire les coûts de la banque soit 61,6 milliards de dollars d'environ 20 %. Depuis l'été, 13 200 suppressions de poste ont déjà été décidées. D'autres devraient suivre, a prévenu le directeur financier de Citigroup.

Pas question toutefois de démanteler l'établissement financier en vendant, comme le suggèrent certains, ses activités de banque d'investissement ou de cartes de crédit. Le modèle de « banque universelle globale » de Citigroup conserve sa pertinence. Mais la stratégie, la structure, les équipes de Citigroup sont aujourd'hui différentes, a plaidé Vikram Pandit au cours d'une présentation de plus de trois heures. Les années à venir devraient marquer une évolution par rapport au modèle de « supermarché de la finance » dessiné par Sandy Weil, artisan de la grande fusion de 1998.

Sous pression de Wall Street, le PDG de Citigroup a prévu un plan de bataille en trois temps : la remise en forme de Citi, qui passe par une meilleure gestion du risque et une réduction des coûts ; la restructuration de la banque en cinq plates-formes et son optimisation. « J'ai la conviction que nous y parviendrons », a-t-il conclu. Soucieux de précéder les critiques, Vikram Pandit a indiqué qu'il ne s'agissait pas d'un énième plan pour redresser la maison. Il a même dévoilé le nouveau slogan de Citigroup : « Citi never sleeps » (« Citi ne dort jamais »). Un clin d'œil à la chanson New York, New York et un sacré défi pour l'avenir. Les grandes manœuvres ont, en tout cas, déjà commencé. Citigroup s'est séparé de ses cartes Diners Club et de son activité de leasing. Il chercherait aussi à vendre sa filiale d'assurance-vie Primerica. La banque a par ailleurs vendu ou fermé 45 agences aux États-Unis et réduit la voilure en banque d'investissement à New York.

La route promet d'être longue pour Citigroup, comme pour ses concurrentes JPMorgan Chase ou UBS, durement touchées par la crise. Vikram Pandit devra à la fois mener la transformation de la banque et éteindre l'incendie du subprime. En moins de six mois, la banque, qui a enregistré plus de 5 milliards de dollars de pertes au premier trimestre, a levé plus de 42 milliards de dollars de capitaux.

publié dans : Revue de presse communauté : l'actualité sans prise de tête par Anakyne
Samedi 10 mai 2008

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Sarkozy reproche à la presse de mieux traiter Royal

Jean-Baptiste Garat du Figaro
09/05/2008 | Mise à jour : 20:54 | .

Nicolas Sarkozy a mis en cause plusieurs médias qui n'auraient pas suffisamment relayé la condamnation en appel de l'ex-candidate.

C'est l'un des aspects les plus inattendus du premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy. Un an après, le président de la République veille toujours au devenir de son adversaire d'alors, Ségolène Royal. Il l'a répété aux députés UMP réunis mercredi à l'Élysée, en s'indignant que la presse n'ait pas suffisamment relayé la condamnation en appel de l'ex-candidate dans l'affaire qui l'opposait à deux anciennes collaboratrices. Le député de la Marne Benoist Apparu explique ainsi que Nicolas Sarkozy «ne comprend pas que Ségolène Royal, qui passe son temps à donner des leçons de morale à la terre entière, quand elle est condamnée, on n'en parle pas plus».

Les témoins de cette «charge contre la presse» rapportent que le quotidien Le Parisien, les hebdomadaires Marianne, L'Express et Le Journal du dimanche, ainsi que l'agence AFP ont été cités par le président de la République. Le directeur des rédactions du Parisien, Vincent Régnier, a jugé, avant-hier, dans une «mise au point», que «ces propos sont parfaitement infondés».

Ces critiques de l'Élysée contre la presse relayent aujourd'hui la passe d'armes qui oppose depuis près d'un mois l'UMP et l'Agence France Presse. Au lendemain de la condamnation de Ségolène Royal, le parti présidentiel organisait une conférence de presse spéciale, avec le secrétaire général Patrick Devedjian et ses trois porte-parole. Un premier échange assez vif entre l'un de ceux-ci, Frédéric Lefebvre, et le journaliste de l'AFP présent a conclu l'exercice. Objet de l'altercation, la liberté de l'agence de publier ou de ne pas publier les communiqués de l'UMP.

Le 1er mai, Frédéric Lefebvre adressait une lettre au PDG de l'agence, Pierre Louette. «L'UMP est confrontée à une obstruction volontaire de la part de vos collaborateurs qui trouvent toujours une excellente raison de ne pas sortir les communiqués rendus publics lorsqu'ils concernent Ségolène Royal», écrit-t-il, attendant «des explications». Le déjeuner qui a réuni Frédéric Lefebvre, son collègue Dominique Paillé et Pierre Louette, quelques heures avant la réunion de l'Élysée mercredi, n'a semble-t-il pas permis de calmer le jeu : le soir même, l'UMP publiait un nouveau communiqué fustigeant «la censure» de l'AFP et s'interrogeant sur «la situation de quasi-monopole» de l'agence.

 

«Vigueur des attaques»

«Nous attendons de l'AFP une position claire sur la nécessité de traiter les dépêches factuelles. L'exigence démocratique veut que l'AFP traite ces dépêches de manière complète surtout quand il s'agit d'éléments nouveaux dans le débat», expliquait hier encore le député des Hauts-de-Seine.

L'AFP n'a pas vocation à «devenir une machine à diffuser des communiqués», lui a répondu Pierre Louette. Dans une note interne, il se félicite : «La vigueur des attaques venues de la gauche, hier, avec Mme Royal, ou de la droite aujourd'hui, est le meilleur indicateur externe de notre neutralité et absence de parti pris.»

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publié dans : Revue de presse communauté : l'actualité sans prise de tête par Anakyne
Samedi 10 mai 2008

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Media 09/05/2008 - 20:57

Liberté de la presse: Une pétition lancée

Deux syndicats de presse, la CFTC et l'Union syndicale des journalistes CFDT ont lancé vendredi une pétition afin que les pouvoirs publics assurent la liberté et l'indépendance de la presse. "Les syndicats de journalistes, réunis pour la première fois depuis quinze ans, s'adressent à tous les français pour proposer une loi garantissant l'indépendance des rédactions, à l'heure où les dérives déontologiques, les rachats de médias et les pressions sur le contenu de l'information se multiplient, remettant en cause le droit de chacun à une information honnête, indépendante et fiable", explique un texte introductif. La pétition peut être signé sur le site de l'intersyndicale.

publié dans : Revue de presse communauté : Libre expression par Anakyne
Samedi 10 mai 2008

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publié dans : Humour communauté : Les Blogs Sarkostique par Anakyne
Vendredi 9 mai 2008

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Le nouveau clip du groupe français Justice présente avec réalisme des jeunes dans une débauche de violences urbaines. Le réalisateur, Romain Gavras, refuse de commenter.



La vidéo s'échange sur internet à vitesse grand V. On y voit de jeunes garçons noirs et maghrébins, dans la rue où ils détruisent tout sur leur passage et agressent violemment les passants. Racket, voiture brûlée, bar saccagé, policiers roués de coups... Même le cameraman finit par se faire agresser. Des images extrêmement réalistes où la violence est non seulement gratuite mais exhibée, glorifiée. Ce n'est, malgré les apparences, pas un documentaire. En fait, il s'agit d'un clip. Celui de la chanson Stress, du groupe Justice.
Les Justice ont vendu des milliers d'albums, joué devant plus de dix mille personnes, remporté une victoire de la musique au mois de mars dernier et font danser dans les boîtes de nuit de Paris à Tokyo depuis 2003 avec leurs tubes Never Be Alone et D.A.N.C.E. Le duo est français, composé de Gaspard Augé et de Xavier de Rosnay. Ils enregistrent dans une cave du IIème arrondissement de Paris des morceaux produits par le très branché label Ed Banger Records de Pedro Winter. Bref, rien à voir avec la cité, le ghetto, la haine.

Mais à même pas trente ans, les deux jeunes hommes sont de la génération MTV, pour qui les clips vidéos ont autant d'importance que la musique. Pour Stress, ils ont choisi le réalisateur Romain Gavras, cocréateur du collectif d'artistes Kourtrajmé et fils de Costa-Gavras. Autant dire qu'aucun d'entre eux n'ignore l'impact que peuvent avoir de telles images.

justice stress (official video)
envoyé par 75_prod Ambiguïté
Chez les policiers, dont une dizaine est sévèrement tabassée dans la vidéo, on se dit extrêmement choqué. A l'instar de Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat policier SGP FO : «Même si ce clip correspond à une réalité quotidienne de la culture de la violence, il ne pose pas un problème de société, il racole.»
Quel était le but de ce clip, à part, donc, choquer et «racoler» le spectateur? Le réalisateur, les artistes et la production refusent de communiquer sur le sujet. Romain Gavras nous assure qu'il «préfère que les gens se fassent seuls leur opinion» et ne souhaite pas expliquer sa démarche. C'est un peu court, quand on sait que le public visé -la jeunesse - n'y verra probablement qu'une nouvelle forme de banalisation - voire même matière à identification. Gavras fils n'assumerait-il pas son film au point de se dégager de toute responsabilité ? Quant aux musiciens, leur posture d'artistes mystérieux jouant les coquets auprès des journalistes ne pèse pas lourd face à des images troublantes de réalité.
Stress ne sera en tout cas pas diffusé à la télévision. Mais il a de beaux jours devant lui sur le Net, où il explose déjà avec, à ce jour, près de 400 000 vues sur Dailymotion et des centaines de commentaires relayés par de nombreux blogs. Une chose est sûre, la violence comme stratégie marketing, ça marche.
Jeudi 08 Mai 2008 - 00:02 Pauline Delassus

 
publié dans : VIdéos communauté : Libre expression par Anakyne
Vendredi 9 mai 2008

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