Liberté, définitions de 1797 à 2001.

Publié le par Anakyne


Selon le nouveau dictionnaire portatif de la langue françoise

Edition 1797

Liberté : En général pouvoir qu'a l'ame de se déterminer à faire ou ne pas faire - Indépendance des commandements d'autrui - Etat d'une personne libre - Il se dit ou par opposition à servitude : Donner la liberté à un esclave; ou par opposition à captivité : Ce prisonnier a recouvré sa liberté; donner la liberté à un oiseau - En parlant d'un Etat, d'un Pays; forme de Gouvernement où l'on n'est soumis qu'à l'autorité des lois et non à des volontés arbitraires - Il est opposé à contrainte :Parler en liberté, avec liberté- Pouvoir d'agir conformément aux lois : Liberté de la presse, du commerce - Manière d'agir libre, familière, hardie. Au singulier il se dit en bien comme en mal; au pluriel. Il se prend en mauvaise part : Se donner, prendre des libertés. - Facilité, disposition naturelle : Faire toutes choses avec grace et liberté, liberté de pinceau, de burin.

Liberté de conscience : permission d'exercer une religion autre que la dominante - d'esprit, état d'un homme qui a l'esprit dégagé de tout état étranger- de ventre, facilité que le ventre a de bien faire ses fonctions.



LE ROBERT ILLUSTRE

Edition 2001

Liberté : Situation de la personne qui n'est pas sous la dépendance de qqn(opposé à esclavage, servitude) ou qui n'est pas enfermée (opposé à captivité) = Libre . Rendre la liberté à un prisonnier = délivrer. Elever des animaux en liberté, sans les enfermer.
Possibilité, pouvoir d'agir sans contrainte; autonomie. Liberté de décision, d'action. Il a toute liberté pour agir = facilité, faculté. J'ai pris la liberté de refuser. Agir en toute liberté , librement. Pendant ses moements de liberté = loisir.
Au pluriel : acte accompli sans respecter les règles usuelles. Prendre des libertés avec..
Pouvoir d'agir,dans une société organisée, selon sa propree détermination, dans la limite de règles. Liberté politique.
LA LIBERTE : Absence de contrainte illégitime. Défenseur de la liberté.
Pouvoir que la Loi reconnaît aux individus dans un domaine = droit. Liberté d'opinion. Liberté de la presse. Liberté religieuse, droit de choisir sa religion ou de ne pas en avoir (liberté de conscience) La défense des libertés et des droits de l'homme.
Indépendance nationale. Combattre pour la liberté de sa patrie.
Caractère indéterminé de la volonté humaine; libre arbitre. La liberté, fondement du devoir, de la responsabilité, de la morale.



undefinedDéclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
 

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que leurs actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.

Art. 1er. -

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Art. 2. -

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

Art. 3. -

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Art. 4. -

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Art. 5. -

La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.


Art. 6. -

La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Art. 7. -

Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.

Art. 8. -

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Art. 9. -

Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Art. 10. -

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Art. 11. -

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Art. 12. -

La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Art. 13. -

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

Art. 14. -

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Art. 15. -
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Art. 16. -

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

Art. 17. -

La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.






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