2038

Publié le par Anakyne

 

                En 2038 l’industrie automobile avait subi de grands boulversements. La conscience collective avait fait en sorte que l’écologie était devenue la préoccupation principale de ces trois dernières décennies.

                Les énergies considérées dans les années 2010 comme nouvelles étaient désormais les seules à être utilisées : moteur à piles à combustible, panneaux solaires de cinquième génération, module au carbone et fusion froide.

                Depuis les années 2015 les forages pétroliers commençaient à poser problèmes et la profondeur moyenne des puits se situaient aux environs de 30 kilomètres ce qui induisait des prix d’exploitation sans précèdent.

              La plupart des compagnies pétrolières avaient d’ailleurs cessé leur exploitation pour se tourner vers la recherche tant pour l’automobile, les industries aéronautiques à l’exception de la production d’électricité.

              En effet l’Iran, l’Irak et une grande partie des pays du Moyen-Orient  avaient profité depuis longtemps de la pénurie d’énergie fossile. Ils avaient su exploiter le formidable potentiel que le soleil leur procurait et ils étaient devenus les principaux fournisseurs mondiaux d’électricité et de fabrication de panneaux solaires G5 (production de 500Kw/cm²) et maintenant G6 (2000Kw/cm²).

               Les derniers puits exploités se situaient en Antarctique et cette superbe zone protégée pendant des années par un accord international était devenu une véritable poubelle dépotoir à l’image de ce que l’homme est capable de faire, c'est-à-dire apocalyptique. Heureusement Greenpeace avait engagé des actions contre les exploitants et avait obtenu une remise en état de ce site moyennant une condamnation jamais atteinte à ce jour.

               Le prix du baril dépassait la somme astronomique de 1280 $ et les états décidèrent d’un commun accord d’interdire l’utilisation des moteurs à explosion.

              Le prix du litre d’essence se situait aux alentours de 30 Euros et quasiment plus aucune voiture ne pouvait rouler. Les stations avaient été fermées par décision administrative du jour au lendemain sans autre forme de procès et beaucoup de cuves contenaient encore du carburant en 2018.

             Les forces de police avaient reçu l’ordre de verbaliser les contre venants par une contravention de classe 7 soit 2500 Euros, ce qui était réellement dissuasif.

             Mais comme à chaque fois qu’une chose est interdite il y a les rebelles et les autres qui trouvent ces mesures sans fondements et qui continuent à faire comme au paravent.

             A l’extérieur des villes les choses s’organisaient, le marché noir aussi.

            La grande mode fut de participer à des courses effrénées sur les routes qui avaient été désaffectées depuis les années 2015. Les modèles les plus extravagants participaient à des compétitions de vitesse où la règle était de consommer le plus de carburant sur une distance de deux kilomètres maximum. Le seul moyen était de transformer les moteurs en les suralimentant, il y avait de vrais génies dans ce domaine.

          Le prix du litre atteignait des sommes folles. Les accidents nombreux ne démobilisaient pas les foules de plus en plus nombreuses à regarder le spectacle. Les forces de l’ordre ne s’aventuraient jamais sur ces circuits improvisés. Le snobisme et une mode irresponsable l’emportaient au mépris de l’écologie et du respect de la nature. Pendant ce temps là le niveau de la mer avait encore augmenté cette année là de plus de 15 centimètres.

 
 
 
 

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