Il arrive que Nicolas Sarkozy se taise. Le 19 février, l’Elysée programme discrètement pour le lendemain, à l’issue du Conseil des ministres, une allocution radiotélévisée.
A ses visiteurs, Nicolas Sarkozy ne donne pas le nom des futurs recalés du gouvernement. Mais il commence à dévoiler ceux des heureux élus. Pour poursuivre l'ouverture, le président songe à l'ancien ministre de Lionel Jospin, Claude Allègre, mais aussi aux centristes Jean-Marie Cavada et Michel Mercier, président du conseil général du Rhône, ainsi qu'à Philippe de Villiers. Pour Jack Lang,le chef de l'Etat a une nouvelle idée: le poste de "défenseur des droits findamentaux", qui devrait être créé lors de la future révision constitutionnelle.
Le chef de l’Etat veut se féliciter de l’efficacité de l’opération policière à Villiers-le-Bel, effectuée
la veille. Mais, le mercredi 20, la procédure judiciaire n’a pas encore débouché sur des mises en examen.
Contraint au silence, le président devra attendre quarante-huit heures : son intervention, en marge de l’inauguration de l’Historial Charles-de-Gaulle, sera nettement moins retentissante.
Il arrive que la parole des conseillers élyséens pollue le message.
Le vendredi 22, après que sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, eut déclenché une vive polémique sur les sectes,
Nicolas Sarkozy est obligé de taper du poing sur la table. Celle du salon vert, où se déroule, chaque matin, à 8 h 30, la réunion de ses douze collaborateurs les plus proches. « Quand on parle,
on n’a pas le droit de se tromper », conseille-t-il. Si le chef le dit... Le lendemain, ses propos tenus au Salon de l’agriculture montreront la relativité de la règle.
Messages contradictoires
Il y a aujourd’hui un problème Elysée. Un patron qui cherche encore la bonne taille pour son costume – et défie le Conseil constitutionnel en saisissant le premier président de la Cour de
cassation à propos de la loi sur la rétention de sûreté. Un couple exécutif hier bancal dans son fonctionnement, aujourd’hui bancal dans sa popularité.
Une politique de moins en moins lisible, par manque de cohérence, abondance de messages contradictoires et faiblesse des relais. Un entourage de plus en plus divisé, qui ne maîtrise pas le poids
des mots et n’a pas su tisser des liens de confiance avec la majorité.
Le président le sait, qui réfléchit actuellement autant au remaniement et à l’organisation de sa propre équipe qu’à la constitution d’un nouveau gouvernement. Il s’est même interrogé, au début de
février, sur le rôle que devra jouer, demain, à l’intérieur ou en dehors de l’Elysée, son secrétaire général, Claude Guéant.
Dans cette ambiance, toute visite intrigue. La présence, répétée, de Nicolas Bazire, directeur général du groupe Arnault, au premier étage du palais, a alimenté toutes les spéculations. La
proximité de celui qui dirigea le cabinet d’Edouard Balladur à Matignon avec Nicolas Sarkozy en fait-elle l’un des jokers pour la suite ? « Absolument inenvisageable », assure-t-il à
L’Express.
Améliorer les relations avec les députés
L’heure des décisions sonnera après les municipales. Il faudra alors trancher le cas de David Martinon, porte-parole en suspens depuis son crash neuilléen. Améliorer les relais avec des parlementaires, dont certains attendent toujours jusqu’au
simple accusé de réception d’un courrier – Nicolas Sarkozy en a parlé en tête à tête avec Jean-François Copé, qui dirige le groupe UMP à l’Assemblée. Définir une ligne et s’y tenir. Songer –
enfin – à devenir un président aussi professionnel que le fut le candidat.

| Aimez-vous mon blog ? | |
| oui |
|
| non |
|
| ne se prononce pas |
![]() |
| Get Code | View Result |




Derniers Commentaires